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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 10:50

 

 

Lundi prochain, le jour de la rentrée, il y aura deux chaises vides dans deux écoles. Torniké, élève en CP et Salomé, élève en maternelle ont été arrêtés ce matin en préfecture avec leur papa, leur maman et leurs deux petites soeurs – la plus jeune a quatorze mois. Ils ont été conduits au Centre de Rétention Administrative de Toulouse et pourraient être expulsés demain matin vers la Pologne. Sauf ...que dans ce genre de situation – un envoi vers un pays dans le cadre de la Convention Dublin II - on ne parle pas d’expulsion mais « de renvoi vers l’état membre » - membre du premier pays de la communauté européenne où une personne aura laissé ses empreintes. La machine à expulser, en dévoyant les mots, les charge de son sale travail, comme la femme de César, elle, se doit d’être sans tâche. Ce qui lui a permis d’ajouter la cruauté à la cruauté, l’inhumanité à l’inhumanité, en séparant la famille pour la faire voyager dans deux véhicules différents: le papa et Torniké le fils dans une voiture, la maman et les trois petites filles dans une fourgonnette. Pourquoi avoir alourdi la charge d’angoisse de petits enfants ? Pourquoi des pratiques qui ne sont pas sans réveiller des réminiscences ?

La Convention Dublin II a pour but premier d’empêcher des afflux de migrants dans les pays les plus excentrés de l’Europe qui, comme la Pologne, la Grèce sont submergés. C’est ce qui se dit. Pour récupérer les empreintes du papa et de la maman, à un arrêt surprise du passeur qu’ils avaient payé pour venir en France, des policiers polonais ont gardé les enfants en otage le temps que les parents acceptent de « donner » leurs empreintes. Voilà pourquoi aujourd’hui Torniké, Salomé, Nia et Berbara ont été arrêtés en préfecture et ont pris, avant l’avion vers la Pologne, la route du CRA de Toulouse. Les pleurs et les cris des enfants séparés de leur père vont résonner longtemps dans les oreilles.

La famille, géorgienne mais vivant en Abkhazie, région qui veut son indépendance ce qui génère des guerres civiles, ne pouvait plus rester en sécurité dans son pays. Le papa a refusé de faire la guerre du coté géorgien aussi bien que du coté abkhaze. Sa neutralité lui avait coûté ses récoltes, son troupeau, les enfants âgés de 1 an à 6 ans étaient menacés de mort.

Un comité de soutien s’est constitué dans les deux écoles des aînés, un parrainage a eu lieu avant les vacances de février, l’élu parrain républicain s’est investi dans son rôle.

Pour la première fois aucun accompagnant n’a été autorisé à entrer dans la préfecture pour soutenir la famille.

Une pétition mise en ligne par RESF33 a recueilli 504 signatures en ligne en seulement trois semaines.
Pétition pour soutenir la Famille S et sa demande d’asile en France (33)




La famille S est arrivée à Bordeaux en novembre 2011, via la Russie et la Pologne.

Monsieur, géorgien d’Abkhazie, a subi dès l’âge de 11 ans les ravages de la guerre entre la Géorgie d’une part et l’Abkhazie alliée à la Russie d’autre part, dans laquelle son père s’était engagé coté abkhaze en 1992-93.

Ayant subi les persécutions consécutives à cet engagement, cet agriculteur marié à une géorgienne, père de famille, a refusé de s’engager à son tour quand le conflit a repris en 2008, tant du coté abkhaze que géorgien.

Cela lui a valu des représailles de la part des deux camps. Harcelés, leurs vaches tuées, ayant subi des tirs sur leur maison…, son épouse et lui ont dû prendre la décision de fuir face aux menaces et persécutions de plus en plus précises et violentes, craignant pour leur vie et celle de leurs quatre enfants âgés de un à six ans.

 

Partis en camion, ils ont été arrêtés à la frontière polonaise, et ont dû y signer des papiers pour récupérer leurs enfants qui leur ont été retirés quelques heures, ce qui les place aujourd’hui, suite à ce procédé, sous la procédure Dublin II

Arrivés à Bordeaux, ils n’ont de ce fait droit à rien. Leur existence est particulièrement difficile, même s’ils ont scolarisé leurs deux ainés.

Ils ont subi des traumatismes profonds, et au moins deux de leurs quatre enfants présentent des problèmes de santé (grave pour l’une des fillettes) non pris en compte du fait de leur situation de Dublin II.

Ils ont déposé une demande de dossier en préfecture et sont convoqués à la fin du mois.

Ils risquent d’être renvoyés en Pologne. S’ils devaient se retrouver en Géorgie, leur intégrité physique et leur vie seraient en danger.

 

Soutenons-les afin qu’ils puissent demander et obtenir le statut de demandeurs d’asile, mais aussi des conditions d’existence décentes.

Signez la pétition !



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